Le huitième mort de Tibhirine

A LIRE DE TOUTE URGENCE ! Ce livre fait la clarté sur la mort de Didier Contant, grand reporter décédé lors de sa dernière enquête sur l'enlèvement et l'assassinat des moines de Tibhirine.

DROIT DE RÉPONSE À LA NOUVELLE REPUBLIQUE

 

À l’attention du Directeur de la publication
La Nouvelle République

1, rue Bachir Attar,
Maison de la presse Tahar-Djaout,
Alger

Sujet : Demande de publication dans La Nouvelle République de la lettre de correction de Rina Sherman au sujet de l’entretien recueilli par le journaliste Nait-Djoudi Amine (nom donné dans correspondance) - Mohamed-Cherif Drifi (nom de signature de l’entretien) paru en Une du journal, le samedi 29 mars 2008 et intitulé : « La DGSE a demandé à Rivoire de recruter Contant », titre reprise en Une et précédé de la mention, « Rina Sherman à la Nouvelle République ».

Monsieur le Directeur de la publication,
La Nouvelle République a publié dans son édition du 29 mars 2008, n° 3072 un entretien que j'ai eu avec Nait-Djoudi Amine - Mohamed-Cherif Drifi intitulé, « La DGSE a demandé à Rivoire de recruter Didier Contant », titre repris en une, précédé de la mention « Rina Sherman à la Nouvelle République ».

L'usage des guillemets ainsi que la présentation générale de l'article laisse accroire au lecteur que j'aurai tenu pareil propos.
Or, je n'ai jamais tenu de tels propos lors de cet entretien,
ou lors d'autres entretiens que j'ai pu donner à la presse algérienne (Cf. Liberté du 23 mars 2008). De plus, ces accusations sont totalement absentes de mon livre « Le huitième mort de Tibhirine ».

Je vous signale donc mon très vif mécontentement, dans la mesure où je n'ai jamais indiqué que « la DGSE a demandé à Rivoire de recruter Didier Contant ». Je n'ai d'ailleurs jamais prononcé le mot DGSE qui semble remplacer systématiquement le terme « services » dans l'entretien que j'ai accordé à votre journal. Je n'ai jamais indiqué non plus que les services auraient demandé à Rivoire de recruter Didier Contant. Par conséquent, je vous demande de publier sans délai ce rectificatif. Je peine à comprendre votre intention d’intituler ainsi un entretien que j'ai accordé de bonne foi à votre journal.

D’ailleurs, dès sa première question concernant les services, j’avais sans ambiguïté annoncé à M. Nait-Djoudi Amine - Mohamed-Cherif Drifi que je n’ai jamais entrepris de recherche sur les services de la France ou de l’Algérie et que je ne disposais pas d’informations à ce sujet pour affirmer quoi que ce soit. Je n’ai pas compris pourquoi, à de nombreuses reprises, au cours de cet entretien, M. Nait-Djoudi Amine - Mohamed-Cherif Drifi est revenu sur des questions des services français. Son insistance m’a toutefois laissé avec l’impression qu’il cherchait à orienter l’entretien dans ce sens. Cette attitude est peu journalistique et m’a un peu pris au dépourvu, surtout venant de la part d’un journaliste algérien, car jusqu-là, j’ai connu une expérience plutôt positive avec des journalistes de divers publications de ce pays. Je le répète, je n’ai jamais dit que la DGSE ait demandé à Rivoire de recruter Contant.

Mon intervention au sujet de la mort du journaliste Didier Contant concerne principalement la liberté d’expression, en ce sens que ce journaliste n’a pas bénéficié de la liberté d’expression dans le cadre de son investigation sur l’enlèvement et l’assassinat des moines de Tibhirine, en raison d’une campagne de fausses accusations lancées à son égard par son confrère, Jean-Baptiste Rivoire, journaliste de C+.

Je ne me situe en rien dans le débat spéculatif sur des origines des commanditaires d’assassinats, que ce soit en France, en Algérie ou ailleurs. Si, dans mon livre « Le huitième mort de Tibhirine », ou ailleurs, il m’est arrivé d’évoquer des éléments d’analyse de la relation entre l’Algérie et la France au sujet du groupe de pression nommé « Qui tue qui ? », ce fut uniquement dans le dessein de fournir des clefs de compréhension de base à mes lecteurs et interlocuteurs. Ces éléments d’analyse sont d’ailleurs disponibles à n’importe quelle personne par voie de la presse publiée et des livres.

Afin que mes propos soient rétablis à leur juste expression, et au nom de la liberté d’expression et du respect de ma personne, je vous demande de bien vouloir publier sans délai ce rectificatif dans votre journal.

Veuillez agréer, Monsieur le Directeur de la publication La Nouvelle République, l'expression de ma considération distinguée.

Rina Sherman

Fait à Paris, le 3 avril 2008